
Entretiens

Extrait
« EL : Pour Jonathan Russel Nsangou, « La vision du monde basée uniquement sur les cultures traditionnelles serait donc incapable de promouvoir l’intelligence, l’innovation et la créativité, qui sont les maitres mots de la modernité » (Scénographies de l’échec dans le roman francophone, 2021). La valorisation de la statuette ne vous inscrit-elle pas dans une vision nostalgique de l'Afrique encore coincée dans ses traditions alors que l'humanité est tournée vers la modernité porteuse de développement ?
CT : Stephen Covey relevait en son temps que « La force réside dans les différences, pas dans les similitudes ». Il ne fait donc aucun doute que la beauté du monde réside dans la mosaïque hétéroclite des cultures qui peuplent la planète. Idéologiquement, la statuette renvoie au bagage culturel africain, à la richesse et aux biens du continent violés, pillés et dérobés par des aventuriers. C’est grâce à ces cultures dites traditionnelles que les pyramides d’Egypte ont été construites. Albert Camus relevait à ce titre que « les civilisations sont mortelles », du coup nous restons dans l’expectative d’un renouveau africain, l’intelligence, l’innovation et la créativité n’étant pas des facultés réservées. Le contexte seul suffit à faire la différence ».